Djanto, le nouveau-né d’AmityMéria

Publié le lundi 4 août 2014

Djanto, c’est l’album de 10 titres avec lequel AmityMéria renoue avec les mélomanes. La présentation a été faite ce vendredi 18 juillet au BBDA (Bureau burkinabè des droits d’auteur) à une kyrielle d’Hommes de médias. Foi, dignité, ardeur au travail, loyauté, don de soi entre autres constituent les thématiques de l’album.

Dans une atmosphère où la question du référendum fait monter l’adrénaline entre partisans et adversaires quise regardent en chien de faïence, la diva de la musique burkinabè apporte du baume à la vie avec son nouvel album.

Six ans après son dernier opus, elle revient sous le feu de l’actualité avec Djanto. Sans avoir la prétention d’être un parangon de la vertu, elle prône le retour de l’homme aux valeurs cardinales faisant de ce dernier un animal sociable et social. Ces valeurs en pleine déliquescence font de notre monde une société du chacun pour soi.


A l’instar du philosophe Jean-Jacques Rousseau qui interpelait l’humanité en ces termes : « ô hommes devenez humains, c’est votre premier devoir  », Amity Méria part en croisade contre toutes vilénies et autres vices des humanisant notre monde. A cet effet, Djanto(3e titre) invite l’homme à se revêtir des valeurs telles la magnanimité, le don de soi, le respect d’autrui, la recherche du savoir être et savoir-faire. Prenant en compte les conflits armés qui déchirent et endeuillent le monde quotidiennement, elle en appelle tout simplement à la compassion (2e titre).

Répondant en écho à la célèbre formule de Thomas Hobbes selon laquelle l’homme est un loup pour l’homme l’artiste préfère entonner : « faisons la paix et pas la guerre ». Cette chanson soutenue par un beat (batterie) reggae plongeait par moments Sana Bob dans une sorte d’extase qui l’obligeait à esquisser des pas de danse.

L’Afrique toujours en proie à des convulsions politiques voire à des blessures béantes dues aux guerres et autres fléaux retiendra l’attention de l’artiste.AfricaMaoma (5e titre) est une cantate qui malgré les difficultés exhorte Mère Afrique à ne pas sombrer dans le désespoir et le renoncement.

Mais à plutôt rester debout et stoïque et à relever le défi du mieux-être social des enfants d’Afrique. Un titre a été dédié au Burkina Faso dans lequel Amity Méria salue et vante l’intégrité de ses dirigeants et du peuple burkinabè depuis les indépendances.

Elle exhorte au passage les Burkinabè à se départir du tribalisme et des conflits religieux et à travailler pour l’essor véritable du pays. Des sujets de société ne sont pas en reste dans l’album. Fourou (mariage) formule des vœux d’heureux ménage aux nouveaux couples.

Ces vœux sont soutenus par des conseils pour le savoir-être et le savoir-faire dans le foyer.Wolo (naissance) s’inscrit dans la sensibilisation en vue de réduire la mortalité maternelle et néo-natale dans notre société. Ce titre plaide également pour une meilleure prise en charge de la mère et de l’enfant.AmityMéria n’a pas oublié ceux qui s’enivrent des plaisirs qu’offre la chair.

Timiya(délices) fait un grand plan à un télescopage libidinal qui permet véritablement une célébration charnelle. A noter que nombre d’autres artistes ont pris part au baptême de Djanto. Tous les dix titres en vidéo ont été projetés. Les convives ont pu savourer dix belles mélodies accompagnées d’une magnifique chorégraphie. L’artiste a mis onze mois pour la naissance de Djanto.

Bon appétit auditif aux mélomanes !

Hamidou TRAORE


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