Explosion à Larlé, Ce que risque le propriétaire des explosifs

Publié le lundi 4 août 2014

En général, les dangers liés aux produits chimiques sont méconnus des populations et la plupart des utilisateurs de produits chimiques au Burkina Faso ne connaissent pas les bonnes pratiques en la matière. Une chose est sûre : le propriétaire des explosifs risque une grosse peine d’emprisonnement au moins pour homicide involontaire et délit d’atteinte à l’environnement.

Dans cette affaire d’explosion à Larlé, on connaît selon les enquêtes, les raisons vraisemblables et le responsable dont l’identité n’a pas encore été révélée au public. En rappel, l’explosion fut meurtrière avec (5 morts et plusieurs blessés). Si les enquêteurs écartent avec la dernière énergie un acte criminel, il n’en demeure pas moins qu’on peut parler d’ores et déjà d’homicide involontaire.

Le GOMA 2ECO

Et dans ce cas, l’auteur est passible d’une peine d’emprisonnement de trois à deux ans comme l’indique le code pénal à sa Section 3 (des homicides et blessures involontaires), articles 353 : « Est puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de 150.000 à 600.000 francs ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque commet par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou inobservation des règlements, involontairement un homicide ou en est involontairement la cause. » En allant plus loin, l’auteur serait aussi coupable de délits d’atteinte à l’environnement.

De ce fait, il tombe sous le coup de l’article 194 du code pénal qui stipule que : « Quiconque aura, par inattention, imprudence ou négligence directe ou indirecte, porté atteinte à la santé de l’homme, des animaux, des plantes en altérant soit l’équilibre du milieu naturel, soit les qualités essentielles du sol, de l’eau ou de l’air sera déclaré coupable de délit contre l’environnement, poursuivi et puni conformément aux dispositions du code de l’environnement »

En décembre 2013, le site en ligne netafrique.net écrivait ce qui suit : « Un burkinabé arrêté en Guinée avec des explosifs » Selon cet article, des explosifs et autres grenades ont récemment été saisis à la frontière guinée-malienne sur un certain M. Ouédraogo qui serait de nationalité burkinabé, a appris Africaguinee.com de sources officielles »

A en croire cette information, ce Burkinabè ne serait pas à sa première opération de vente d’explosifs et autres produits dangereux en Guinée. Les investigations doivent donc s’étendre sur cette affaire de Larlé afin de suivre tout le parcourt de l’auteur.

 

Les insuffisances dans la gestion des produits chimiques au Burkina

Déjà, on se pose beaucoup de questions à savoir comment un particulier a-t-il pu avoir des explosifs aussi nocifs à sa disposition malgré le nombre impressionnant des acteurs qui interviennent dans le domaine ?

Selon le projet Initiative Pauvreté-Environnement au Burkina Faso (IPE / Burkina) qui a étudié sur la « Situation actuelle des produits chimiques et les normes existantes ainsi que le gap existant en matière de législation et leur application au Burkina Faso », plusieurs institutions sont impliquées dans la gestion des produits chimiques au niveau national. On peut citer le ministère de l’environnement et du développement durable qui assure la protection de l’environnement contre les pollutions chimiques.

En tant que ministère en chargé de la mise en oeuvre et du suivi de la politique du Gouvernement en matière d’environnement et d’assainissement du cadre de vie, il peut se saisir de toutes les questions relatives à la gestion rationnelle des produits chimiques. Il y a le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat qui organise la délivrance des certificats de conformité pour l’importation de nombreux produits dont des produits chimiques.

Le ministère de l’économie et des finances qui participe au contrôle des produits chimiques à travers le contrôle douanier aux frontières. Le ministère des infrastructures, du désenclavement et des transports qui est impliqué dans la réglementation du transport des produits dangereux dont l’essentiel est constitué de produits chimiques.

Ou encore le ministère de l’administration territoriale qui participe quant à lui à la lutte contre les stupéfiants, au contrôle de la circulation intérieure et transfrontière et donc au contrôle des importations ou des exportations des produits chimiques interdits.

Les faiblesses sont constatées tout de même au niveau du cadre national de gestion des produits chimiques. Ce qui pourrait justifier certaines défaillances dans la gestion des produits chimiques qui peuvent avoir pour conséquence ce qui est arrivé à Larlé.

De ces faiblesses, on note les insuffisances liées à la qualité des textes juridiques applicables aux produits chimiques.

Il ressort que la législation nationale ne comporte pas l’ensemble des règles qui garantissent une gestion rationnelle de tous les produits chimiques pendant tout leur cycle de vie.

D’une part, certains produits chimiques couramment utilisés comme le cyanure, le mercure ou le carbure ne font pas l’objet de règlementation. D’autre part, certaines questions importantes comme le transport des produits chimiques dangereux sont soit insuffisamment prises en compte soit simplement omises.

On mentionne également que la lutte contre la prolifération des produits chimiques prohibés dans le commerce n’est pas suffisamment organisée dans le droit burkinabè.

De la police des produits chimiques au Burkina Faso

La police des produits chimiques qui désigne l’activité de l’Administration publique consistant à prendre des mesures légalement autorisées en vue de garantir l’ordre public, présente des faiblesses se manifestant par : l’absence de structure nationale responsable de la gestion des produits chimiques capables d’assurer la coordination de l’ensemble des actions entreprises pour le contrôle des produits chimiques, l’absence de structures administratives responsables de la mise en oeuvre systématique des différents accords internationaux, la faible application des accords internationaux (d’application volontaire ou pas) et de la législation en vigueur sur les produits chimiques : les accords internationaux ne sont pas suffisamment pris en compte le droit national et l’Administration ne prennent pas souvent les textes d’application qu’il faut pour appliquer les lois et les règlements.

@Basidoukinda

Détonateurs

Un détonateur est constitué d’une petite enveloppe métallique qui contient par exemple des explosifs ou une combinaison d’explosifs. Les détonateurs sont utilisés pour lancer des explosifs par exemple dans les mines, dans le cadre de constructions et dans les carrières et il existe plusieurs types d’explosifs dont le stockage peut être concomitant mais dont la mise à feu peu se faire simultanément et sans retard.

Détonateurs simples ou Plain detonator

Détonateur brut constitué d’un alliage aluminium-cuivre ou cylindre, qui est fermé à une extrémité. Le détonateur est relié a un puissant explosif au fond (de charge secondaire) et en plus de cela une charge primaire. La charge principale est initiée par un fusible de sécurité (safety fuse). Ensuite, la charge primaire initie la charge secondaire. Le détonateur n’a pas de retard.

Les détonateurs électriques ou Electric detonator

Un détonateur électrique est un détonateur qui est initié par un courant passant à travers un fil de pont (avec une certaine résistance), qui est entourée par une charge pyrotechnique (de la tête de fusible). Le détonateur peut être fabriqué à la fois avec et sans retard. Les détonateurs électriques sont divisés en différents groupes en fonction des propriétés électriques, c’est à dire l’impulsion de courant et qui est nécessaire pour les enflammer. Dans certains détonateurs la charge primaire a été remplacée par une autre composition pour obtenir un détonateur moins sensible aux chocs mécaniques.

 

 


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