Nos rubriques

Edito

Façon de voir

Contre jour

Bouillon de culture

Dossier1

Dossier 2

Dossier 3

Société

 

 


 

 

 

 

CONGRES UIDH
Un nouveau timonier pour l'UIDH…
De graves défis à relever

Par Germain B. Nama

............

Créée dans l'environnement de la Baule, l'organisation faîtière africaine des droits de l'homme avait un projet quasi révolutionnaire : pousser les Etats du continent à une révolution démocratique fondée sur le respect des droits de l'homme. A la base de ce mouvement, des fantassins du droit. Quinze ans après, le bilan de cette croisade vient d'être établi à Ouagadougou.
Au moment où l'Union inter africaine des droits de l'homme (UIDH) naissait à Ouagadougou le 4 juillet 1992, le monde était marqué par la chute du mur de Berlin, un symbole odieux de la négation des droits de l'homme. Pour les pays africains, le discours de la Baule est venu sonner le réveil de nouveaux processus démocratiques qui allaient connaître des fortunes diverses. L'UIDH est intervenue dans ce contexte global comme la mauvaise conscience d'un continent, assurément peu regardant sur la question des droits humains. A Ouagadougou, Blaise Compaoré qui a pris le pouvoir un certain 15 Octobre 1987, dans les conditions que l'on sait, comprit le profit qu'il pouvait tirer de ce mouvement naissant, d'autant que le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP) créé en février 1989 et dirigé par Halidou Ouédraogo était avec l'ONDH et l'AMDH, ses homologues du Sénégal et du Mali, les locomotives de ce regroupement continental. Très rapidement, l'internationale des droits de l'homme va vite prendre des galons dopée par de jeunes mousquetaires qui avaient pour noms : Mabassa Fall, Aimé Nikièma, Sidiki Kaba, Julien Tobadja, Halidou Ouédraogo, Nicolas Tiangaye, Massalbaye Ténébaye, mais aussi d'aînés pétris d'expérience comme Me Demba Diallo, Réné Degni Segui, Me Mbame Douré Diarra et Kapet de Bana.
L'Afrique des droits de l'homme était donc née et décidée à porter aussi loin que possible le message d'un continent en quête de démocratie et de bonne gouvernance. C'est pourquoi les premiers efforts de l'UIDH se sont portés sur l'observation des processus électoraux et le règlement des conflits. Sur le dossier humanitaire, on note en particulier la participation de l'UIDH à la commission d'investigation sur les crimes de génocide au Rwanda, la contribution à l'extradition vers Arusha de personnes accusées de génocide, la contribution à la résolution de la question touarègue au Niger et au Mali. En ce qui concerne les processus électoraux, l'UIDH s'est impliquée dans la surveillance des élections au Burundi, en Centrafrique, au Togo, au Tchad, à Madagascar, en Côte d'Ivoire et a pratiqué de l'inter-médiation dans les crises politiques en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Niger et au Burundi. La liste des interventions est certainement impressionnante et l'on doit en particulier à cette organisation continentale une bien meilleure connaissance du concept des droits de l'homme et son appropriation par les populations africaines qui prennent de plus en plus l'habitude de recourir aux sections nationales en cas de violation. Malgré cet investissement permanent en faveur de la défense et de la promotion des droits humains, la situation a continué de se dégrader sur le continent. Comme fatigués par une Afrique qui n'arrête pas de dégringoler, les bailleurs de fonds ont progressivement réduit les soutiens financiers, ce qui n'a pas manqué d'entraîner de graves crises financières dans nombre d' organisations nationales des droits humains.

Un diagnostic préoccupant

La plupart des bailleurs de fonds de l'UIDH ont pris la tangente, conditionnant leur retour à une profonde restructuration de l'organisation. Nombre de ces partenaires ne partageaient plus la gouvernance de l'UIDH et n'en faisaient plus mystère. A cet effet, un audit organisationnel a été commandé et celui-ci s'est déroulé du 22 février au 24 avril 2006. En plus du siège, les auditeurs ont étendu leurs investigations à cinq pays que sont le Sénégal, le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso. Les principales faiblesses soulignées par l'audit portent notamment sur : le problème que pose la dénonciation du siège de l'UIDH, le primat de l'activisme politique au détriment des autres activités, le coût de fonctionnement du siège qui absorbe 59% du budget de l'organisation durant l'année 2005 et subséquemment la concentration des activités au niveau du pays siège, la dépendance totale de l'UIDH vis-à-vis d'un bailleur unique. Le rapport d'audit souligne en outre l'absence de visibilité de l'organisation en tant que réseau s'appuyant sur les sections. La perception des acteurs des pays visités sur l'action de l'UIDH fait ressortir un certain nombre de menaces qui pèsent sur l'avenir de l'UIDH et qui tiennent notamment à : l'absence de politiques de mobilisation de ressources pour compenser le manque à gagner qui résulte du retrait des partenaires financiers, la faible ouverture de l'organisation à de nouvelles compétences africaines et l'incontournable problème que pose la persistance de la dénonciation de l'Accord de siège. Autant de problèmes qui conduisent naturellement les auditeurs à faire des recommandations susceptibles de relancer l'organisation. Ainsi, soulignent-ils, la nécessité de procéder à des réformes approfondies, allant de la réduction de l'effectif du bureau de coordination et l'espacement de ses réunions (une fois l'an), la mise à contribution des sections dans le financement du congrès qui se tiendrait tous les 5 ans, à la séparation du leadership politique de l'exécutif technique composé de professionnels recrutés par appel à candidatures. La structure exécutive devrait désormais être légère et se réduire à 3 ou 5 membres maximum. Comme autres mesures préconisées, on note la transformation des Vices présidents en chargés de mission avec compétence régionale, et la recommandation de mesures visant à l'apurement des arriérés de versement des cotisations des sections.

L'impréparation du quatrième congrès

Prévue pour 18 heures, la clôture du 4ème congrès est intervenue aux alentours de 20 heures. Fait symptomatique, un point de presse a tenu lieu de cérémonie de clôture. Pas de rapport de synthèse, ni de motions ou résolutions. On a eu droit à un discours de clôture improvisé. Le nouveau maître à bord, Brahima Koné du Mali s'est directement livré aux questions des journalistes qui, dans ces conditions, n'avaient pas grand-chose à se mettre sous la dent. En réalité, le congrès s'est tenu dans une relative impréparation. Même le communiqué sur la Corne de l'Afrique (où le Vice-président en charge de la zone fut empêché de venir au congrès par les autorités djiboutiennes) n'est parvenu à la presse que le 20 mars alors qu'il aurait fallu réagir plus rapidement. Il faut croire que l'intérêt du congrès était ailleurs et notamment sur le bilan de la gestion d'Halidou Ouédraogo, un élément décisif dans l'élection du futur président. D'autant que la candidature du Burkina, parachutée à la dernière minute, est venue jeter le trouble parmi les congressistes. On retiendra enfin des délibérations du congrès, que le quitus n'a pas été donné par les commissaires aux comptes. Mandat est néanmoins laissé au nouveau bureau pour le faire sous réserve que les informations qui manquaient soient apportées. Même chose pour les résolutions et motions, ainsi que les amendements des textes organiques qui n'ont pu être présentés et qui sont laissés à la diligence du seul bureau. De l'inédit ! Plus grave est le contournement des textes qui fixent à deux le nombre de mandats consécutifs pour les membres du bureau. Halidou Ouédraogo semble avoir été le seul à en faire les frais alors que trois autres au moins se trouvaient dans la même situation, à en croire une fiche de synthèse réalisée à cette fin. Pour des gens chargés de veiller à la primauté du droit, il y a de quoi laisser songeur ! Ne serait-ce que pour saluer la sortie d'Halidou qui a profondément marqué la scène des droits de l'homme en Afrique durant la décennie écoulée, on était en droit d'attendre mieux ! Ce n'est quand même pas pour rien que la Fédération internationale des associations et ligues des droits de l'homme (FIDH) a organisé le lancement de son rapport annuel à Ouagadougou dans l'environnement du congrès de l'UIDH. Une des conséquences dommageables de l'impréparation, c'est la non adoption du rapport de la "Mission d'évaluation à mi-parcours des activités du plan stratégique et du diagnostic institutionnel et organisationnel de l'UIDH. " Les partenaires financiers feraient de l'application des recommandations contenues dans ce document, une condition de la reprise de leur coopération. Le nouveau président qui a placé son mandat sous le signe de l'efficacité semble avoir pris la mesure des défis. Il doit prouver qu'il est à la hauteur de la situation n

 

Me Brahima Koné, nouveau président de l'UIDH

Il l'a emporté à 17 contre 6 dans le duel final qui l'a opposé au Burkinabè Kassoum Kambou. C'est le seul candidat qui semble avoir pris le temps de préparer son affaire. En effet, un mois avant la tenue du congrès, la candidature de Me Brahima Koné avait été enregistrée au siège de l'organisation. Le dossier de candidature consigne les motivations du candidat fondées sur sa volonté d'entreprendre des réformes structurelles en s'appuyant sur les recommandations pertinentes de trois audits réalisés au sein de l'institution dont quelques unes portent sur: la réduction de la taille du comité exécutif qui sera autour de 5 personnes, le redéploiement d'une partie du personnel et la redéfinition de ses tâches, la réduction des charges de fonctionnement du siège. On retiendra surtout parmi les réformes, que le poste de président de l'UIDH est désormais fermé aux Burkinabè pour autant que le siège reste à Ouagadougou. Dans ces conditions, on se demande ce qui a bien pu motiver la candidature burkinabè alors que les Maliens affirment avoir reçu des assurances de soutien de la part du président du MBDHP ? Incontestablement, ce qui semble avoir joué contre le Burkina, c'est le long règne de Halidou Ouédraogo (15 ans) à la tête de l'UIDH, le problème de l'accord de siège et les rapports difficiles entre le président sorti et les partenaires financiers, sans parler de la gestion financière qui n'a pas reçu quitus. Notons que le nouveau président de l'UIDH est également président de l'AMDH et membre de la CENI dans son pays. Il est également membre fondateur d'Avocats sans frontières. Il assura pendant 10 ans les fonctions de Trésorier Général du barreau de Bamako.

 


Chronogramme de mise en œuvre
de l'accord de Ouagadougou

signature de l'Accord politique de Ouagadougou, Jour J
Mise en place du Centre de commandement intégré, commence deux (02) semaines après le jour J.
Mise en place du cadre institutionnel d'exécution, se fait quatre (04) semaines après la signature de l'accord.
Formation du gouvernement, se fait cinq (05) semaines après la signature de l'accord.
Suppression de la zone de confiance et mise en place des unités mixtes, commencent une (01) semaine après la formation du gouvernement.
Démantèlement des milices, commence deux (02) semaines après la formation du gouvernement et dure deux (02) semaines.
Regroupement (rassemblement par unité des ex-combattants dans les sites de regroupement et stockage des armes sous la supervision des forces impartiales) ; redéploiement de l'Administration, début des audiences foraines, commencent deux (02) semaines après la formation du gouvernement et durent trois (03) mois.
Enrôlement en vue de l'inscription sur la liste électorale et de l'identification, commence un (01)mois après le début des audiences foraines.
Unification des forces en présence et enrôlement pour le service civique, commence quinze jours après le début de l'enrôlement.
Etablissement et distribution de nouvelles cartes nationales d'identité et des cartes d'électeurs à partir de la liste électorale, commence à l'adoption officielle de la liste électorale définitive.
Fin du processus DDR et organisation des élections.
L'ensemble du chronogramme prévu ci-dessus se déroulera dans un délai de dix (10) mois

 


 

 

 

 




 

© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 mars 2007