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Irak
Il y a quatre ans déjà


Il y a quatre ans, dans la nuit du 19 au 20 mars, l'armée américaine qui avait entraîné avec elle celles du Royaume-Uni, de l'Espagne, de l'Italie, et bien d'autres a envahi l'Irak. Comme on le dit couramment, qui veut noyer son chien l'accuse de rage. L'Irak qui avait à sa tête le président Saddam Hussein était accusé de posséder des armes de destruction massive. Cette accusation est l'œuvre des services secrets occidentaux nomment américains, mais aussi des opposants du régime irakien installés à l'étranger.
Contrairement à " l'Opération tempête du désert " montée une décennie auparavant qui avait reçu l'aval de la communauté internationale dont celui du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU), c'est en cavalier seul que le président américain George W. Bush, soutenu par une coalition formée de quelques pays occidentaux pour la plupart a envahi le pays du président de Saddam Hussein. L'aviation américaine pilonne Bagdad, les installations militaires, mais aussi les quartiers à forte concentration humaine dans le but d'effrayer les populations et de les inciter à se soulever contre le régime.
Le 9 avril la capitale, Bagdad tombe. Une à une les casernes de l'ancien régime se rendent sans résistance. En décembre 2003, Saddam Hussein a été capturé, jugé par un tribunal spécial en 2006 qui le condamna à la peine capitale par pendaison. Il a été pendu le 30 décembre, le jour saint de la Tabaski. L'invasion de l'Irak a provoqué l'exode de plus de 1,8 million de personnes et contraint plus de 2 millions d'Irakiens à l'exil. Les armées d'occupation ont détruit les infrastructures du pays. Toutefois, elles ont protégé les installations pétrolières. C'est pourquoi, on peut penser que l'invasion de l'Irak décidée par le président Bush avait pour objectif suprême de faire main basse sur le pétrole irakien. Ceci se confirme chaque jour davantage quand on sait que l'administration Bush accentue les pressions sur le gouvernement fantoche dirigé par Nouri al Maliki pour qu'il amène le Parlement, tout aussi fantoche à voter un projet de loi qui transfère le pétrole irakien, actuellement propriété de l'Etat entre les mains des multinationales privées, anglo-américaines pour la plupart. Ainsi se précisent les buts de l'invasion américaine : s'approprier le pétrole de ce pays qui possède les plus grandes réserves mondiales après l'Arabie Saoudite. Les réserves irakiennes sont actuellement estimées à 115 milliards de barils.
En chassant Saddam et le parti baass du pouvoir, George W. Bush rêvait de construire en Irak, d'ériger une démocratie à l'image de l'Amérique. Au-delà de l'Irak il rêvait d'un Grand Moyen-Orient où fleuriraient des régimes démocratiques made in USA. Aujourd'hui, ces rêves sont brisés et l'Amérique cherche les voies et les moyens de se sortir du bourbier irakien. La guerre d'Irak coûte très cher aux Etats-Unis qui commencent à comprendre qu'ils ne peuvent jamais gagner cette guerre. Financièrement, le gouvernement américain a dépensé vingt fois plus de milliards de dollars que ce qu'il avait prévu. En hommes, il aurait perdu à ce jour quelque 3 500 hommes sans compter les blessés. L'occupation américano-britannique a causé plus de 650 000 victimes parmi la population civile irakienne.
Outre l'accusation d'avoir des armes de destruction massive, l'Irak était également soupçonné de servir de refuge à Al Qaïda et son fondateur Oussama Ben Laden, l'auteur présumé des attentats du 11 septembre 2001 qui ont frappé les Etats-Unis. La guerre déclenchée en violation de tous les accords et règlements internationaux contre l'Irak le 20 mars 2004 s'inscrivait également dans le cadre de la croisade mondiale de George Bush contre le terrorisme. Mais qu'il s'agisse de l'Afghanistan quelques années plus tôt ou de l'Irak, les aventures américaines au Proche et au Moyen-Orient ont eu pour conséquences perverses d'attirer contre les armées étrangères et leurs collaborateurs locaux, les candidats aux attentats suicides. En Irak, principalement dans sa capitale Bagdad, il ne se passe de jour sans que les populations déplorent des dizaines de morts dans les attentats suicides ou les attentats à la voiture piégée. Le gouvernement de Nouri Al Maliki, un gouvernement installé et protégé par les armées étrangères est désarmé devant l'insécurité permanente entretenue par les groupes de résistance à la présence étrangère en Irak. Ce gouvernement ne peut assurer aux Irakiens la sécurité dont ils ont tant besoin.
Les Etats-Unis ont perdu la guerre en Irak. Ils ne peuvent pas non plus gagner la guerre contre le terrorisme. Tout le monde l'a compris, même ceux qui étaient au début des fervents partisans de la guerre contre l'Irak aux Etats-Unis comme ailleurs. Tout le monde, sauf bien entendu George W. Bush qui est sur le point d'envoyer des renforts en Irak. Ignorant les pertinentes conclusions du rapport Baker Hamilton, le président américain persiste à croire à une solution par les armes pour régler la crise irakienne. Il convient enfin, de préciser que la guerre contre l'Irak est un conflit israélien que les armées anglo-américaines ont mené par procuration. Aujourd'hui, les Etats-Unis préparent la même entreprise illégale contre la République islamique d'Iran parce que ce pays cherche à maîtriser la technologie nucléaire à des fins civiles. Depuis que la rationalité a déserté la Maison Blanche, qui va oser dire à George W. Bush : " C'est assez ! ". Les deux années qu'il va passer encore à la tête de la plus grande puissance du monde seront-elles employées pour semer les graines de paix ou celles de haine, du chaos et de la destruction ?

Par Basile Baloum

Zimbabwe
Mugabe isolé


L'année 2007 est une année électorale par excellence en Afrique. La dernière en date est la présidentielle mauritanienne qui va mettre un point final à une transition de 19 mois dirigée le colonel Ely Ould Mohamed Vall et le Comité militaire pour la Justice te la Démocratie. A l'issue du premier tour organisé le 11 mars, sur les 19 candidats au départ, deux restent en lice : Sidi Ould Cheik Abdallahi et Ahmed Ould Daddah. L'explication finale entre les deux hommes se déroule depuis ce matin. Qui sera le prochain président de la République islamique de Mauritanie. Seulement 30 501 voix les séparent.
Dans l'Afrique des Grands Lacs, en République Démocratique du Congo, la transition est d'ores et déjà terminée depuis octobre 2006. Aujourd'hui, le jeune président de 35 ans, Joseph Kabila, secondé par son premier ministre de 82 ans, Antoine Guizinga sont confrontés aux immenses défis d'un pays immense où tout est à construire ou à reconstruire.
Deux situations préoccupent à l'heure actuelle les observateurs de la scène politique africaine : le Darfour, la province occidentale du Soudan et le Zimbabwe, ce pays de l'Afrique australe. Dans ces deux pays, les régimes en place refusent que le monde extérieur voit et critique ce qui se fait à l'intérieur de leurs frontières.
Au Soudan, le régime cynique du président Omar El Béchir ferme la porte à la communauté internationale qu'elle accuse d'ingérence. Le régime soudanais mène une guerre d'extermination des populations négro-africaines du Darfour. Ce génocide, il veut le mener loin des regards étrangers, notamment occidentaux et à l'abri de toute critique. Même l'Union africaine ne semble pas la bienvenue dans cette partie du territoire soudanais. Ce qui est déplorable, c'est la résignation ou le silence complice de l'Organisation des Nations Unies, de l'Union européenne qui pour leurs intérêts nationaux vitaux de certains de leurs membres ferment les yeux sur les atrocités qui se commettent au Darfour.
Le cas du Zimbabwe et de son président Robert Mugabe n'est pas moins affligeant au regard de ce qui se passe généralement. Au pouvoir depuis 27 ans, depuis l'indépendance de l'ancienne Rhodésie du Sud devenue Zimbabwe, Robert Mugabe s'aligne d'ores et déjà pour l'élection présidentielle de 2008, qu'il veut repousser jusqu'en 2010. Passe encore. Mugabe est déterminé à museler l'opposition. Le 11 mars dernier, il a fait arrêter et enfermer le leader de l'opposition, Morgan Tsvangirai. Au cours de son incarcération, il est copieusement passé à tabac par ses geôliers, sous les ordres de Mugabe dit-on. Les photos du leader de l'opposition le crâne abîmé et le visage publiées par les télévisions du monde a suscité un lever de boucliers. Même les soutiens de Mugabe, comme l'Union africaine et l'Afrique du Sud n'ont pas pu cette fois-ci cacher leur désapprobation quant aux méthodes du chef historique de la Zanu-PF. Malheureusement, le vieux lutteur a envoyé tous ceux qui condamnent ses manières de traiter son opposition d'aller se faire pendre.
On reproche au président Mugabe d'avoir ruiné son pays et affamé son peuple par une politique irréfléchie de redistribution de plus de 90% des terres cultivables qui se trouvaient entre les mains d'une infime minorité de blancs. En réaction, les occidentaux ont fait pleuvoir une pluie de sanctions sur le Zimbabwe. Ces sanctions ont contribué à radicaliser le maquisard devenu président. Depuis, le divorce entre l'Occident et Robert Mugabe ne fait que s'élargir et s'approfondir. Qui va s'y noyer ?
Mugabe semble un homme isolé. La communauté internationale doit-elle durcir les sanctions dans le but de le faire plier, ou au contraire va-t-elle initier un dialogue pour l'amener à une meilleure considération des droits de ses concitoyens ?

Basile Baloum

 





 

 


© L'Evénement - Déc. 2001
Concept. & Réalisation: A. Diallo
Date de mise en ligne: 30 mars 2007